Durée : 1h15

Théâtre – récit
par Pépito Matéo

Une salle de classe imaginaire.
Un petit bout du monde qui croiserait l’actualité et laisserait passer les rêves
à travers l’apprentissage de la langue française.

On s’intéressera aux malentendus,
aux décalages d’une langue à l’autre,
à la façon de nommer les choses dans tous les pays
pour regarder la manière dont nous vivons.

Est-ce qu’on abandonne un peu de ce qu’on a été
en apprenant une langue nouvelle ?

TARIF :
– de 16 ans : 5 €
+ de 16 ans : 3 €

Réservation vivement conseillée
Un peu plus sur le spectacle…

PROPOS

On est dans une salle de classe imaginaire où les rêves et l’actualité se croisent à travers les malentendus du langage.

Un conteur nous invite à une pseudo-conférence sur la langue où il nous conte par le menu, les conséquences d’un imbroglio qui va nous trimballer d’un lieu de rétention administrative à un atelier sur la parole auprès de demandeurs d’asile en passant par des souvenirs d’enfance.

Face aux difficultés de la grammaire, aux situations absurdes et aux décalages d’une langue à l’autre, nous allons revisiter notre habitude de nommer les choses et notre manière de « savoir-vivre ».

Le langage, acteur principal du spectacle, va se jouer de nos « sens » et du non-sens pour convoquer le quotidien de façon poético-politique, en nous faisant découvrir grâce à ceux qu’on appelle les étrangers des choses auxquelles nous ne faisons plus attention.

« Qui maitrise les mots peut façonner le monde » dit le dicton, mais « qui donne sa langue, perd sa place », et « qui n’a pas les mots est accusé de tous les maux ! »

On prendra ici les mots à bras le corps et au pied de la lettre. Des personnages croqués dans la réalité surgiront avec leurs histoires « pas piquées des hannetons ». On y entendra des paroles saisies sur le vif, des dérèglements de grammaire, des traductions en porte-à-faux, des anecdotes à l’emporte-pièce, voire des petits contes à brûle-pourpoint et des façons d’utiliser le vocabulaire pour dire les choses de la vie, histoire de faire tenir debout un petit théâtre de la parole en toute complicité avec le public.

PÉPITO MATÉO

Voir plus sur le site de l’artiste
www.pepitomateo/com

 

NOTE D’INTENTION

« J’ai toujours été intéressé par la question du langage, des langues, des malentendus, par l’ambiguïté des mots.

 Ça crée des incompréhensions qui peuvent être dommageables, mais ça dévoile aussi d’autres sens, d’autres images, des manières de voir différentes qui poétisent la vie et les rencontres.

Dans un monde où la part d’ombre est souvent gommée, où on nous demande de répondre par oui ou par non, où les pictogrammes remplacent les paroles, où le savoir est à portée d’une touche, j’aime l’idée a contrario de nos équivoques, de nos quiproquos qui constituent une sauvegarde pour notre vigilance et nous rendent uniques.

Devoir dresser l’oreille pour essayer de s’entendre, de se com-prendre (au sens étymologique) est notre chance pour saisir la vie à hauteur d’humain. Une façon particulière de partager nos points de vue, donc notre imaginaire.

En tant que conteur d’histoires, je suis tenté de réinterroger les différents aspects qui constituent le langage : l’affectif, le poétique, le politique, la pensée et le rapport du rêve et de la réalité, pour essayer de saisir ce que « parler veut dire ».

A travers des ateliers sur la parole et notamment avec des demandeurs d’asile, j’ai pu me rendre compte des difficultés liées à l’apprentissage de la langue française et des parcours singuliers des uns et des autres pour parvenir à se débrouiller avec les mots quand les repères ne sont plus les mêmes.

Il y a dans le langage une dimension comique et tragique tout à la fois avec laquelle on peut construire une histoire de l’intégration… On n’a pas les mêmes images d’un pays à un autre, d’une région à une autre, voire d’une famille à une autre et cela induit des comportements, des manières d’exprimer les choses différemment. Même dans une langue commune, nous sommes tous singuliers. L’identité de notre langue s’est constituée à partir de toutes nos expériences intimes, avec nos images depuis l’enfance.

Elle est un peu notre empreinte digitale buccale. « Montre-moi ta langue et je te dirai qui tu es ! » 

La langue française répond à des règles multiples, aux exceptions complexes et aux interprétations variées selon où elle est pratiquée dans le monde entier (pas seulement en Belgique, en Suisse et au Luxembourg, mais au Québec, en Afrique et sur les cinq continents !) avec des façons particulières : mots refaçonnés, raccourcis, expressions imagées renforcées par les caractéristiques propres à chaque pays, les accents etc. Cette richesse de notre langue partagée et en perpétuelle création constitue une chance inouïe pour l’avenir du Français.

Les étrangers nous réapprennent notre langue en y apportant un éclairage nouveau et salutaire sur notre façon de vivre, de penser, ce qui nous évite de sombrer dans nos certitudes…

Pour ce spectacle, j’ai cru bon de m’inspirer d’une situation de malentendu, comme une histoire qui contiendrait une partie du matériau que j’ai pu collecter et qui croiserait les situations qui m’ont parues exemplaires aujourd’hui, notamment liées à l’immigration, ainsi que mes questions personnelles, mes souvenirs d’enfance, mon rapport à l’apprentissage, mon regard sur la société moderne et son intransigeance envers les plus démunis. Sans vouloir être exhaustif, ni rechercher forcément le sensationnel, j’ai essayé de regarder ce qui m’entoure de façon pragmatique, amusée, en me laissant toucher, choquer ou étonner, tout simplement, être vivant.

Quelques chaises suffisent au décor pour figurer une salle de classe imaginaire : celle d’une école ? D’une conférence ? D’un atelier d’alphabétisation ? D’un lieu de rétention administrative ? Ou encore une salle de classe du « monde qui va » ?

Une parole directe et un jeu simple qui transforment les situations avec la complicité des spectateurs. 

Un va et vient entre le réel et l’imaginaire pour faire 7 fois le tour de la langue !

PÉPITO MATÉO

Novembre 2018